A l’issue d’une assemblée générale tenue le jeudi 26 mars à la Maison de la presse, l’ensemble des organisations professionnelles du secteur et la Maison de la presse ont déploré la peine de deux ans d’emprisonnement ferme prononcée contre Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance.
Reconnu coupable par la justice, notamment d’offense à un chef d’État étranger, Youssouf Sissoko a été condamné le lundi 23 mars à deux ans de prison ferme et au paiement d’une amende d’un million de FCFA par le Tribunal de Pôle national de lutte contre la Cybercriminalité. Ce verdict suscite stupéfaction, indignation et inquiétude chez les organisations professionnelles de la presse malienne, qui dénoncent une peine particulièrement lourde.
Selon le président de la Maison de la presse, « cette peine inédite, jamais infligée à un journaliste au Mali dans le cadre de l’exercice de son métier, constitue un précédent inacceptable ». Bandiougou Danté a fermement dénoncé la sévérité de cette décision, tout en déplorant les conditions dans lesquelles notre confrère a été appréhendé. Des méthodes que la Maison de la presse et l’ensemble des organisations professionnelles ont condamnées avec force.
Par ailleurs, il a rappelé l’opposition ferme des professionnels des médias à certaines dispositions du nouveau Code de procédure pénale. « Celles-ci constituent, dans certains de leurs articles, un recul démocratique préoccupant », a jugé Bandiougou Danté. Tout en saluant la décision de Youssouf Sissoko d’interjeter appel, le président Danté a appelé à la sagesse et à la clémence des juges. « La Maison de la Presse continuera à suivre de très près cette affaire et mènera le plaidoyer nécessaire pour un dénouement heureux », a souligné le président Danté.
Il a, par la même occasion, réaffirmé l’attachement de la Maison de la presse à la liberté de la presse, tout en invitant les journalistes à plus de responsabilité et de professionnalisme.
Abdrahamane SISSOKO / maliweb.net

