L’objectif est clair : améliorer la fluidité du transit, réduire les coûts logistiques et mieux coordonner l’acheminement des marchandises entre le Ghana et le Mali.

Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large des autorités ghanéennes visant à consolider le rôle du pays comme principal hub logistique pour les États sahéliens enclavés, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En s’appuyant sur les ports de Tema et de Takoradi, ainsi que sur les corridors reliant le sud du Ghana aux zones sahéliennes via le Burkina Faso, Accra entend faciliter l’accès de ces pays aux échanges internationaux.

Le protocole prévoit plusieurs mesures concrètes, dont l’accompagnement des opérateurs, le partage d’informations commerciales, la réalisation d’études conjointes et la mise en place de dispositifs de suivi des marchandises. Un comité technique conjoint sera également instauré pour superviser l’application de l’accord, évaluer les progrès réalisés et œuvrer à l’harmonisation des procédures de transit, tout en limitant les litiges entre les différents acteurs.

Parmi les principales contraintes identifiées figurent les frais de surestaries, la multiplication des contrôles, les exigences liées à la charge à l’essieu ainsi que les enjeux sécuritaires, autant de facteurs qui renchérissent les coûts de transport. Pour y répondre, le Ghana met en avant plusieurs projets structurants, dont le terminal logistique de Boankra, avec des économies potentielles estimées à environ 14 % via Tema et jusqu’à 48 % via Takoradi.

Cette dynamique repose enfin sur d’importants investissements dans les infrastructures, notamment l’extension du port de Tema, dont la capacité atteint désormais près de 3,7 millions de conteneurs, pour un coût d’environ 1,5 milliard de dollars. Elle s’accompagne également d’un renforcement du cadre juridique, à travers la loi de 2024 encadrant la Ghana Shippers’ Authority, visant à mieux réguler les coûts et à améliorer la compétitivité du transit régional.

MD/te/APA