Annoncé en grande pompe sur les ondes de l’ORTM par le tout nouveau directeur général de l’Énergie du Mali, le Commandant Madani Dravé, le « plan choc » censé améliorer la fourniture d’électricité durant le mois de ramadan et de Carême peine à se matérialiser.
L’engagement portait notamment sur une meilleure communication et la mise en place de plannings de délestage précis afin de permettre aux usagers de s’organiser.
Or, ce mardi 10 mars 2026, correspondant au 21ᵉ jour de jeûne, les populations n’ont toujours pas perçu les effets de cette promesse. Bien au contraire, elles subissent des délestages d’une ampleur inédite. Au début du mois, les quartiers de Bamako recevaient en moyenne six heures d’électricité par jour, puis seulement quatre heures. Ces derniers jours, certains secteurs restent plongés dans le noir pendant 48 heures consécutives, sans aucune explication officielle. Et lorsque le courant revient, il ne dure parfois pas plus de dix minutes, avant de disparaître à nouveau, laissant les habitants dans une situation de « jeu de lumière » frustrant.
Les conséquences de ces délestages sont lourdes pour les ménages. De nombreuses familles rapportent la perte de leurs denrées alimentaires, conservées dans des réfrigérateurs désormais inutilisables. Viandes, poissons et produits frais se décomposent, contraignant les foyers à jeter leurs provisions en pleine période de pénitence religieuse.
« Nous avons perdu tout ce que nous avions stocké pour le ramadan. La viande et le poisson ont pourri dans le frigo. C’est un vrai désastre, surtout en ce moment où chaque famille cherche à s’organiser pour le jeûne », témoigne Fatoumata Dougnon . « EDM nous avait promis un plan choc, mais ce que nous vivons, c’est un choc contre nos vies. Je ne peux plus conserver mes produits, et mes clients se plaignent. Nous sommes fatigués de ces coupures interminables », renchéri un commerçant du quartier.
À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite par la direction générale de l’EDM pour expliquer ces coupures draconiennes. Cette absence de transparence accentue le mécontentement des usagers, qui espéraient une amélioration tangible.
Par ailleurs, depuis la mi-février, Bamako et plusieurs régions du pays sont confrontées à une grave pénurie de gasoil. Sur les grandes artères de la capitale, il n’est pas rare de voir des files interminables de véhicules stationnés devant les stations-service, dans l’attente d’un ravitaillement incertain. Cette crise énergétique combinée fragilise davantage l’économie et le quotidien des citoyens.
Alors que le mois de Ramadan et de Carême exige sérénité et organisation, les Maliens se retrouvent face à une double épreuve : la privation d’électricité et la rareté du carburant. Le « plan choc » annoncé par l’EDM apparaît pour l’instant comme une promesse non tenue, laissant les populations dans l’incertitude et l’exaspération.
Ousmane Mahamane

