Le récent 2ème collège des chefs d’Etats de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) a permis de noter que le projet avance, en dépit de quelques obstacles

C’est dans un environnement difficile marqué par une forte hostilité de la part des puissances occidentales que la confédération AES a été lancée en 2023. C’était une initiative osée portée sur le terreau sécuritaire de l’Alliance du Liptako-Gourma. Et le discours de rupture de ce projet fédérateur alertait sur les obstacles qui essaimeront sa marche.

Il s’agit des manœuvres subversives orchestrées par les sponsors du terrorisme, dans la région sahélienne. Celles-ci avaient essentiellement pour objectifs de faire échec à la volonté de « s’auto-déterminer». Ce qui conduit à une certaine proximité entre les chancelleries occidentales et les milieux terroristes. Le Mali n’a-t-il pas saisi, sans succès, le Conseil de Sécurité de l’ONU sur les appuis (documentés avec des preuves) que Paris a fourni aux groupes armés terroristes ? La France et ses alliés ne devrait-elle pas agir pour que le congédiement de la Force Barkhane et de la MINUSMA laisse un vide perceptible dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel ? Rien n’est moins sûr, surtout quand un officiel élu français avait déclaré que le Mali allait regretter ce renvoi de la Force Barkhane ?

C’est donc dans ce climat d’adversité et de domination que l’AES a été créée, avec une feuille de route plutôt ambitieuse, celle de mettre en place, dans un délai raisonnable une fédération entre les 3 Etats, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La création de cette fédération devrait passer par des étapes comme la création d’une Force unifiée de lutte contre le terroriste, devant évoluer vers une politique de défense de la confédération (défense mutuelle en cas d’agression contre un Etat membre) la création d’une banque centrale commune,  une politique douanière commune et une mise en synergie de plusieurs politiques dans les secteurs vitaux de l’économie des 3 Etats.

A peine deux ans la création de l’Alliance sahélienne, l’on voit pointer les fruits à la hauteur des promesses des fleurs. Car, le  sommet de Bamako a concrétisé la création de la Banque centrale d’investissement et de développement de l’AES (BCID-AES) ; l’impulsion notable de la Force Unifiée, sous commandement d’un officier général burkinabé, le lancement de la Télévision AES et de divers autres projets confédéraux.

Même si ces réalisations sont à la phase de démarrage, elles attestent que l’AES est désormais résolument engagée dans sa marche vers une intégration plus dynamique. Ne doit-on pas souligner que le capital de la BCID-AES est de 500 milliards F CFA et pourrait aider à accélérer la marche vers  la création de la monnaie commune des 3 pays dans un bref délai ? Cette démarche ne doit-elle pas favoriser la souveraineté économique et monétaire des 3 Etats, si elle est bien menée avec les expertises qu’il faut ? Quid des réformes dans les secteurs miniers des trois pays qui permettent d’engranger d’importantes ressources financières en faveur des Trésors publics respectifs ?  N’y a-t-il pas lieu d’espérer avec ces orientations stratégiques en faveur du mieux-être des populations ? Tout semble le laisser croire. Car, les exemples du Nigéria, du Ghana,  qui ont leur propre monnaie, incitent à s’enthousiasmer…

Toutefois, il faut que les dirigeants manœuvrent avec délicatesse ce virage avers la souveraineté réelle, pour que les populations en tirent tos les bénéfices attendus, en termes d’avancées socio-économique pour ces trois pays. Et, dans ce sens, la gouvernance devra veiller à l’impératif de la transparence, de la redevabilité et de la lutte contre la corruption, afin de poser les bases du renouveau des 3 pays.

Il s’agira aussi et surtout de travailler à renforcer la sécurité des personnes et de leurs biens et à tout mettre en œuvre pour assurer la stabilité des institutions, en déjouant toutes les manœuvres subversives provenant des …ennemis de cette révolution en cours.

Boubou SIDIBE/maliweb.net