Emmanuel Macron a appelé vendredi à Munich à prendre l’Europe en “exemple” plutôt que de la “critiquer” ou de la “caricaturer”, dans une réponse au discours choc prononcé il y a un an à la même tribune par le vice-président américain JD Vance.Un an après l’attaque de JD Vance, Macron appelle à prendre l’Europe en “exemple”

Dans son discours à la conférence sur la sécurité annuelle dans la ville allemande, le président français a toutefois aussi appelé à “renforcer” encore l’Europe, et exhorté ses partenaires à se préparer d’ores et déjà à l’après-guerre en Ukraine, lorsqu’il faudra “définir ses règles de coexistence” avec la Russie.

“Je pense que l’Europe est intrinsèquement forte, et qu’elle peut être encore renforcée”, pour être “un meilleur ami pour nos alliés, notamment les États-Unis”, a-t-il affirmé lors de sa quatrième participation à ce rendez-vous. “L’Europe doit apprendre à devenir une puissance géopolitique” bien que ce ne soit “pas dans son ADN”, a-t-il ajouté.

Il a ajouté vouloir faire “une brève mise au point”.

“Négliger l’Europe”

“Il y a eu une tendance dernièrement, ici et ailleurs, à négliger l’Europe et, parfois, à la critiquer ouvertement. On en a fait des caricatures”, a-t-il lancé, dans une référence claire à l’attaque en règle menée l’an dernier à cette même conférence par JD Vance.

“L’Europe a été vilipendée comme une construction vieillissante, lente et fragmentée, reléguée par l’histoire. Comme une économie surréglementée et apathique qui se détournerait de l’innovation. Comme une société en proie à des migrations barbares qui corrompraient ses précieuses traditions. Et plus curieusement encore, dans certains milieux, comme un continent répressif où la parole ne serait pas libre et où les faits alternatifs ne pourraient prétendre au même droit de cité que la vérité elle-même – ce concept désuet et encombrant”, a-t-il ironisé.

“Tout le monde devrait prendre exemple sur nous, au lieu de nous critiquer, ou d’essayer de nous diviser”, a-t-il estimé.

“Limiter le risque d’escalade”

Emmanuel Macron a donc défendu la place de l’Europe, qui “fera partie de la solution” pour mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine, et qui devrait donc selon lui “faire partie de la discussion”, qui ne réunit pour l’instant directement que les Russes, les Ukrainiens et les États-uniens.

Surtout, les Européens doivent préparer le jour d’après: “si nous parvenons à un règlement sur l’Ukraine, nous aurons toujours à faire à une Russie agressive, avec une industrie de défense survitaminée, et une armée hypertrophiée”.

L’Europe devra donc “définir ses règles de coexistence” avec la Russie une fois qu’un accord de paix sera trouvé, afin de “limiter le risque d’escalade”, a-t-il prévenu, appelant ses partenaires à “entamer ce travail, avec leur propre réflexion et leurs propres intérêts”. Il a proposé aux Européens de “lancer une série de consultations sur ce sujet important”.

Et s’ils veulent être en “position de force” pour discuter avec la Russie à l’avenir, les pays du Vieux Continent doivent “développer activement” leur “boîte à outils” en matière de défense, notamment en matière de systèmes de “frappes en profondeur de précision”, a-t-il estimé.

Source: https://www.7sur7.be/