Représentant le Mali au 65ᵉ anniversaire de la première conférence des pays non-alignés, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a appelé, mardi à Belgrade, les États membres du Mouvement des non-alignés (MNA) à accompagner la Confédération des États du Sahel (AES). Le diplomate malien estime que « les valeurs défendues par l’AES sont en adéquation avec celles du MNA ».
À Belgrade, le ministre des Affaires étrangères a appelé à « soutenir la Confédération de l’Alliance des États du Sahel » lors de la commémoration du 65ᵉ anniversaire de la première conférence des pays non-alignés. Il a souligné que les objectifs des trois pays membres de l’AES s’inscrivent dans les principes historiques du mouvement. Il a ainsi sollicité un « soutien multiforme » en faveur de la Confédération de l’AES. Justifiant cette sollicitation, Abdoulaye Diop a indiqué que les trois pays de l’AES défendent des valeurs en adéquation avec celles des États membres du Mouvement des non-alignés. Ces valeurs sont notamment la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale, ainsi que le refus de toute domination ou hégémonie étrangère.
Organisations multilatérales
Toujours à Belgrade, le chef de la diplomatie malienne, considéré comme l’un des précurseurs de l’AES, a présenté la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée comme l’un des axes prioritaires de la Confédération. Celle-ci, a-t-il insisté, œuvre également en faveur d’une plus grande autonomie stratégique des États africains. Dans son discours, le ministre Diop a établi un parallèle entre le combat de l’AES et l’héritage historique des pays engagés dans le mouvement des non-alignés. Il a rappelé que le Mali figurait parmi les 25 pays ayant participé à la conférence fondatrice, tenue à Belgrade du 1ᵉʳ au 6 septembre 1961. Selon lui, le discours prononcé à l’époque par le premier président du Mali, feu Modibo Keïta, sur le non-alignement ne signifiait pas un retrait des affaires internationales, mais plutôt une politique fondée sur l’indépendance des choix et le refus de s’aligner sur un quelconque bloc.
Pour l’avenir, le ministre des Affaires étrangères a plaidé en faveur du renforcement de la coopération Sud-Sud et d’une représentation accrue des pays africains, asiatiques, latino-américains et caribéens au sein des instances de gouvernance mondiale.
Abdoulaye Diop a, par ailleurs, appelé le MNA à accorder une attention particulière à la situation sécuritaire au Sahel. Il a établi un lien direct entre la dégradation de la situation dans la région et l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011. Le ministre a dénoncé ce qu’il a présenté comme une « stratégie » d’acteurs extérieurs visant à déstabiliser le Sahel et une partie de l’Afrique. Il a également rejeté les sanctions et mesures coercitives unilatérales, ainsi que la « politique des deux poids, deux mesures » dans le traitement des questions internationales. Les conséquences de la crise libyenne sur la sécurité au Sahel ont toutefois été documentées par les Nations unies, notamment à travers la circulation d’armes et le retour d’anciens combattants depuis la Libye à partir de 2011.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

