Sanda Ould Bouamama, ancien porte-parole du groupe jihadiste malien Ansar Dine, a été arrêté avec 16 autres personnes par l’armée mauritanienne à la frontière avec le Mali.
Selon plusieurs médias étrangers, les suspects ont été interpellés à Bassiknou, dans la région du Hodh Ech Chargui, alors qu’ils se trouvaient à bord de deux véhicules transportant des armes et des munitions.
Sanda Ould Bouamama, figure connue de la crise malienne de 2012-2013 pour avoir été la voix médiatique d’Ansar Dine, groupe salafiste jihadiste dirigé par Iyad Ag Ghaly, figure parmi les 17 personnes interpellées dans le cadre d’une enquête sur un présumé trafic d’armes près de la frontière malienne. Selon d’autres sources médiatiques, l’ancien porte-parole d’Ansar Dine et les autres suspects ont été transférés à Néma, où ils doivent être interrogés dans le cadre de l’enquête en cours. Son véritable nom est Sidi Mohamed Ould Mohamed Ould Bouamama. Entre 2012 et 2013, Sanda Ould Bouamama était le porte-parole d’Ansar Dine, alors actif dans le nord du Mali sous la direction d’Iyad Ag Ghaly.
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À la suite de la reconquête des principales villes du nord du Mali par l’armée malienne, appuyée à l’époque par les forces françaises de l’opération Serval, il avait profité de sa double nationalité malienne et mauritanienne pour se rendre aux autorités mauritaniennes au printemps 2013, afin d’échapper aux poursuites judiciaires au Mali. Il faisait alors l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités maliennes pour des faits qualifiés notamment de « crimes contre l’humanité, crimes de guerre, génocide, meurtre et terrorisme ». Sanda Ould Bouamama avait été libéré en 2015 par les autorités mauritaniennes, une décision qui avait suscité de vives réactions au Mali ainsi que l’indignation de plusieurs organisations de défense des droits humains. Après sa libération, il avait continué à faire parler de lui dans le contexte de l’insécurité au Sahel, avant sa nouvelle interpellation par les forces de sécurité mauritaniennes.
Selon des sources sécuritaires citées par plusieurs médias internationaux, Sanda Ould Bouamama et ses présumés complices ont été arrêtés à bord de deux véhicules de type pick-up dans lesquels des armes et des munitions auraient été découvertes. Les autorités mauritaniennes cherchent désormais à déterminer la provenance exacte des armes saisies. Selon les sources sécuritaires citées par les médias, l’hypothèse d’une provenance du nord du Mali n’est pas exclue à ce stade de l’enquête.
Les enquêteurs cherchent également à établir les éventuels liens entre les suspects et des groupes armés ou rebelles actifs dans la région. Ils devront notamment déterminer la quantité exacte d’armes saisies, leur destination et les éventuelles ramifications du réseau. Malgré cette nouvelle arrestation de Sidi Mohamed Ould Mohamed Ould Bouamama, son éventuel transfert vers le Mali apparaît incertain en raison de sa nationalité mauritanienne. Déjà visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités maliennes, il avait été libéré par la Mauritanie en 2015. La question de son éventuelle remise aux autorités maliennes pourrait donc dépendre de la nature des charges retenues contre lui et des dispositions juridiques applicables entre les deux pays.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

