Cet hommage est une réflexion consacrée au courage politique, au patriotisme et à la réconciliation endogène du Mali.
Aujourd’hui, il ne s’agit ni des grades rutilants, ni des privilèges de la fonction, ni de la stature ministérielle ; il s’agit de l’homme, du citoyen, du soldat de la paix : le général de corps d’armée Ismaël Wagué.
A l’heure où les passions traversent notre Nation, rendre hommage à la loyauté, au courage de dépasser les rancœurs et de se battre pour la concorde nationale relève d’un devoir de justice historique.
Dans le tumulte des crises qui secouent les Nations, les hommes d’État se révèlent non pas par l’éclat de leurs discours, mais par la lourdeur des fardeaux qu’ils acceptent de porter en silence.
Qui connaît les réalités du Mali dans sa profondeur insondable sait combien la tâche confiée au ministre de la Réconciliation, de la Cohésion nationale et de la Paix relevait du sacerdoce.
Santé Mali
Prendre en main le dossier de la paix au Mali, c’est accepter de tenir entre ses mains une véritable “patate chaude”, brûlante d’amertumes, de rancœurs accumulées et de plaies ouvertes.
Encaisser les coups sans répliquer : d’où la noblesse du sang-froid.
A travers l’exercice éprouvant de sa mission, Ismaël Wagué a fait le choix rare de l’abnégation. Attaqué de toutes parts, vilipendé par certains, injustement jugé par d’autres, il a accepté de prendre tous les coups sans jamais céder à la tentation de la réplique vindicative.
Là où beaucoup auraient utilisé la puissance de la parole d’État pour écraser leurs détracteurs, le général a gardé son calme stoïque, préservant jalousement son énergie et sa sérénité pour la seule cause qui vaille : la survie du peuple malien et la paix des braves.
Dans les moments les plus brûlants, alors que la passion menaçait de tout emporter, il s’est proposé en bouclier. Il a osé se sacrifier pour que les populations meurtries puissent réapprendre à vivre ensemble dans la paix, l’harmonie et l’entente.
C’est cet homme visionnaire qui, devançant parfois la lourdeur des protocoles, a eu la lucidité et la bravoure d’encourager la négociation et le dialogue direct avant même que la machine administrative ne soit pleinement prête, évitant ainsi des drames irréparables. Il veut une réconciliation authentique, affranchie des tuteurs extérieurs. La grandeur de cette démarche réside dans son ancrage profondément malien, souverain et patriotique.
Refusant la complaisance des médiations extérieures artificielles et désincarnées, le général Ismaël Wagué a parcouru le pays dans ses moindres recoins. Après des dizaines et des dizaines d’efforts harassants, d’assemblées villageoises, de rencontres communautaires, de panels complexes, de semaines de la réconciliation et de canaux de communication réinventés, il a tissé, fil après fil, la trame d’un nouveau vivre-ensemble.
Sa seule boussole, c’est d’amener toutes les communautés de notre cher Mali à se rehausser, à se regarder en face, à se pardonner et à se tendre la main pour bâtir la stabilité durable du pays.
La marque des grands hommes : le repentir et la hauteur morale.
La grandeur d’un homme ne réside pas dans les grades scintillants, les postes prestigieux ou les statuts éphémères. Elle réside dans la capacité supérieure de reconnaître ses torts, d’admettre ses erreurs d’appréciation et d’avoir la dignité morale d’en demander pardon à ceux qu’il considérait autrefois comme des adversaires.
Quand un homme, petit ou grand, reconnaît ses erreurs et se repent, cela prouve sa détermination absolue à trouver de vraies solutions aux problèmes majeurs de son peuple, au lieu de prêter une oreille complaisante aux murmures empoisonnés des salons. Le Général Wagué a eu ce courage héroïque. Il a su dépasser les schémas rigides pour tendre une main fraternelle et apaiser les cœurs, afin de hâter l’avènement d’une paix définitive. Il a compris la vérité fondamentale. La paix ne se négocie pas entre amis, elle se bâtit en ramenant les frères égarés au banquet de la République.
Faire la sourde oreille aux corbeaux de la division
Aujourd’hui, l’homme a compris l’essentiel. Il sait qu’il faut désormais refuser d’écouter ces “corbeaux” du chaos qui viennent, nuit et jour, tenter de jeter le discrédit sur les dignes citoyens et les serviteurs dévoués de la Nation.
La voie de la réconciliation est désormais toute tracée. Elle est pavée de cohésion, de tolérance et de cette fraternité séculaire qui a toujours fait la grandeur du Mali.
Santé Mali
“Quoi que tu fasses, les gens parleront en mal comme en bien de toi ; à toi de choisir ce qui est bien pour le Mali”.
Un homme franc, sincère et direct dérange forcément
Dans un monde souvent gouverné par les faux-semblants, la vérité choque ceux qui refusent d’ouvrir les yeux. Mais ainsi sont faits les hommes et ainsi va le monde, car nul n’est parfait. Ce qui compte devant l’Histoire et devant Dieu, ce ne sont pas les bruits du moment, mais l’empreinte indélébile laissée dans la terre de nos ancêtres.
Comme vous l’avez si bien dit vous-même, mon Général : “Je ne dois rien à personne pour ce que je suis aujourd’hui.”
Seul compte le Mali. Que le travail colossal et les sacrifices consentis pour la réunification des cœurs portent leurs fruits pour les générations présentes et futures.
Que cette nouvelle dynamique continue pour que soient la Réconciliation nationale, la Cohésion nationale et la Paix.
Sa Majesté Mohamed Mamata Touré

