Face à l’afflux de milliers de ses ressortissants contraints de quitter les zones aurifères de Haute-Guinée, le gouvernement burkinabè dépêche une mission d’urgence au Mali. Bamako est devenue la plaque tournante logistique pour organiser le retour vers Ouagadougou dans « la dignité et la décence ».
Le corridor migratoire entre la Guinée, le Mali et le Burkina Faso est sous haute tension diplomatique et logistique. Le gouvernement burkinabè a annoncé la projection d’une délégation ministérielle à Bamako ce mercredi 4 novembre, afin de porter assistance à des milliers de compatriotes bloqués ou en transit sur le territoire malien après avoir quitté précipitamment la Guinée.
Bamako, étape clé du repli
Si la crise trouve sa source dans les mines d’or de la région de Siguiri, c’est dans la capitale malienne que s’organise la réponse d’urgence. En raison de la géographie des voies de communication et de la couverture diplomatique — l’ambassade du Burkina Faso à Bamako assurant également la représentation auprès de Conakry —, le Mali s’impose comme l’étape naturelle de ce rapatriement.
Dès mardi soir, les signes d’une arrivée massive étaient visibles dans Bamako, notamment dans le secteur de l’ex-hôtel Sheraton. Des convois de cars surchargés de bagages, des tricycles transportant des familles et des groupes se déplaçant à pied convergent vers les services consulaires burkinabè pour solliciter un soutien et des titres de voyage.
Entre suspension de l’orpaillage et contrôles administratifs
Au cœur de cette viciation du quotidien des migrants : la reprise en main des zones minières par les autorités de Conakry. Depuis le 29 octobre, la suspension de l’orpaillage artisanal et des opérations de sécurisation menées à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda ont conduit à la destruction d’installations artisanales.
Si Conakry met en avant le renforcement des contrôles administratifs sur le séjour des étrangers et la lutte contre l’exploitation illégale, sans proclamer d’arrêté d’expulsion ciblant explicitement une nationalité, la perte brutale de leur outil de travail a poussé une grande partie des 45 000 Burkinabè établis en Guinée sur le chemin du retour.
Appel au calme et gestion de l’urgence
Face à la multiplication des rumeurs sur les réseaux sociaux, les autorités de la transition à Ouagadougou ont appelé les populations au calme et à la retenue, exhortant à ne pas faire recours aux interprétations hâtives.
La mission gouvernementale dépêchée à Bamako a pour mandat prioritaire d’identifier les ressortissants, d’évaluer leurs besoins immédiats en abri et en santé, puis de déployer une logistique de transport sécurisée vers le Burkina Faso. Le bilan exact des arrivées à Bamako reste en cours de consolidation par les équipes diplomatiques sur le terrain.
MD/te/APA

