Le président des États-Unis a notamment affirmé que Cuba était prêt à « tomber » et a menacé de frapper « très durement » l’Iran.

Aucune peur d’afficher ses velléités impérialistes. Après avoir attaqué le Venezuela pour capturer et exfiltrer son président Nicolás Maduro le 3 janvier, le président américain affiche son ambition de dominer l’hémisphère occidental et souhaite être craint sur la scène internationale. Dans ce contexte, Donald Trump a de nouveau menacé le Groenland, Cuba et l’Iran, lors d’une conférence de presse à bord de son avion Air Force One, ce dimanche 4 janvier.

Le locataire de la Maison Blanche s’en est pris d’abord pris à Cuba, affirmant que le pays, allié important du Venezuela, était prêt à « tomber ». Il a estimé qu’il serait difficile pour La Havane de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien. « Je ne pense pas que nous ayons besoin d’agir. Il semble que tout s’écroule », a-t-il ajouté.

La veille, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déjà lancé une mise en garde juste après l’enlèvement de Nicolás Maduro : « Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet », ajoutant que « Cuba est une catastrophe » et que le pays est « dirigé par des hommes incompétents et séniles. »

Prêt à frapper « très durement » l’Iran

Donald Trump a également affirmé qu’un grand nombre de membres du personnel de sécurité cubain de Nicolás Maduro avaient été tués lors de l’opération. La Havane a indiqué, de son côté, que 32 Cubains avaient péri dans les frappes américaines.

Autre pays ciblé : l’Iran, actuellement secoué par un mouvement de contestation lié au coût de la vie. Le républicain a affirmé que le pays serait frappé « très durement » si des manifestants étaient tués.

« Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », avait déjà menacé Donald Trump le 2 janvier. En réaction, le régime de Téhéran avait tancé, via la voix d’Ali Larijani, qui dirige la plus haute instance de sécurité en Iran : « Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains. »

Enfin, le président américain a réitéré sa position selon laquelle le Groenland devrait faire partie des États-Unis pour leur « sécurité », malgré les appels de la Première ministre danoise à cesser ses menaces sur le territoire. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a insisté Donald Trump lors de cette conférence de presse.

« Ça suffit maintenant », s’est agacé le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielsen ce lundi 5 janvier, après les menaces répétées du président américain. « Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d’annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international », a écrit sur Facebook le chef du gouvernement groenlandais.

De son côté, le président colombien Gustavo Petro, menacé par Donald Trump, a souligné que «(s)Mon nom (…) n’apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue ». « Cessez de me calomnier, M. Trump », a-t-il enjoint à son homologue

Domination de « l’hémisphère occidental »

L’intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mis en exergue l’intérêt de Donald Trump pour les vastes ressources pétrolières du pays, a de fait ravivé les craintes pour le Groenland, convoité par le président américain pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique.

Globalement, Donald Trump ne cache plus son envie de dominer l’Amérique latine et voit même plus loin. Souhaitant remettre au goût du jour de la doctrine Monroe, il a appelé à mettre en place le document « Donroe »mot-valise combinant son prénom et au patronyme de son lointain prédécesseur, James Monroe.

« Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il ajouté dans un impérialisme assumé. Il faisait référence au document publié il y a près d’un mois par l’administration Trump redéfinissant la « Stratégie de sécurité nationale » des États-Unis particulièrement inquiétant pour l’Europe.

Source: https://www.huffingtonpost.fr/