Le président américain, Donald Trump, envisagerait de lancer des raids contre le groupe terroriste JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) opérant au Mali.
L’annonce a été faite, la semaine dernière, par le «Washington Post» citant des responsables américains. Cette possible intervention suscite déjà des inquiétudes au Mali. Dans la mesure où les frappes américaines dans d’autres pays se sont soldées par des échecs et ont semé plus le chaos au lieu d’apporter la paix.
La semaine dernière, le Washington Post, un des journaux américains le plus crédible, publiait dans ses colonnes une possible intervention militaire américaine au Mali contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Le journal, citant des responsables américains, nous informe que ce plan d’une éventuelle opération militaire au Mali serait à l’étude depuis des mois. Face à l’inquiétude suscitée dans l’opinion publique malienne, Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale, n’a pas tardé à réagir. Jeudi 23 juillet, il déclare: «Nous n’avons reçu aucune confirmation, ni aucune déclaration officielle de la part des États-Unis ou de responsables américains à ce sujet. Je peux vous assurer que le Mali ne reste pas les bras croisés à attendre que d’autres viennent résoudre notre problème».
La déclaration de M. Diop est sans équivoque. Il nous rassure que le Mali n’est pas en négociation avec les USA, dont les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Somalie se sont soldées par des échecs. Ces revers militaires de la première puissance ont semé plus le chaos que d’apporter la sécurité et la paix dans ces pays. Et chaque fois qu’ils constatent que le but visé n’est pas atteint, ils plient armes et bagages, laissant une population sans défense entre les mains des gens sans foi, ni loi. Dans ces conditions, le Mali n’est ni demandeur, ni preneur d’une telle opération militaire américaine, dont le résultat ne peut être que contre-productif.
L’intervention américaine au Mali est une vieille chanson. Les responsables américains de la sécurité ne font que reprendre une volonté affichée par le président américain, Donald Trump, d’intervenir militairement au Mali et de reprendre pied dans le Sahel. Un haut responsable américain de la sécurité avait affirmé dans un passé récent que son pays est prêt à reprendre ses activités de surveillance et de renseignements avec le Mali dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes opérant dans le Sahel. Après cette annonce médiatisée, silence radio. Si aujourd’hui, sans un accord avec le Mali, les USA prennent la décision de frapper le JNIM, il y a anguille sous roche.
Les ressources naturelles dans le viseur de Trump
La sécurité du Mali n’intéresse pas Donald Trump, le président américain. Il vise les ressources naturelles énergétiques dont le Mali regorge en grande quantité. Sinon, s’il avait la volonté de lutter efficacement contre les groupes terroristes, le partage de surveillance et de renseignements de ces groupes allait être un franc succès avec la base de drones américaine qui était installée à Agadez (en 2019), au Niger. Mais elle a été d’aucune utilité pour neutraliser les terroristes.
En plus des convoitises sur les ressources énergétiques du Mali, Trump ne veut pas laisser la Russie lui damer le pion dans une région stratégique. Il veut montrer par cette possible intervention de l’échec du président russe Vladimir Poutine dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Déjà, leurs médias mènent une campagne contre sa coopération militaire avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et l’engagement de ses militaires aux côtés de l’armée malienne. Morceaux choisis: «La Russie peine à faire reculer les combattants du JNIM sur le terrain, malgré une intensité inédite des affrontements et des frappes de drones quotidiennes», «La Russie est responsable de la détérioration notable de la situation de sécurité au Sahel, où le nombre d’attaques djihadistes a atteint un niveau jamais vu». Ces médias oublient que la présence militaire française (Barkhane), européenne (Takuba) et la MINUSMA au Mali, durant des ans, et la base américaine de drones à Agadez, n’ont pas pu empêcher la progression des groupes terroristes.
Ces puissances se moquent des pays faibles et dont leur intervention militaire au nom de la démocratie et de la liberté se soldent toujours par des massacres des populations innocentes. Comme elles aiment à le dire, un pays n’a pas d’amis, mais des intérêts.
Ce qui est sûr, l’histoire retiendra que l’Amérique est en train d’amorcer son déclin, avec Donald Trump, un président qui ne croit qu’à la force pour s’accaparer des ressources naturelles des pays faibles.
Le Mali doit tirer la leçon que leurs frappes au Nigeria, en décembre 2025, n’ont pas été un succès. En revanche, les groupes armés continuent de plus belle avec leurs activités criminelles. Elles ont d’ailleurs créé un autre phénomène d’insécurité et d’instabilité: la prolifération des gangs comme en Haïti.
«Un homme avertit en vaut deux», dit-on.
Yoro SOW

