Au terme de sa participation au 3ᵉ Sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a fait le point de la coopération avec la Russie dans un entretien télévisé. Il met en avant un taux d’exécution des accords de 2023 proche de 90 %, de nouveaux accords signés et une feuille de route validée avec Vladimir Poutine.

300 bourses d’études pour l’enseignement supérieur. Avant de regagner Bamako ce dimanche, le président de la Transition a accordé une interview à la télévision nationale. Il y dresse le bilan des engagements pris lors du sommet de 2023, dont la plupart sont aujourd’hui exécutés. Dans le secteur minier, la première pierre de l’usine d’affinage a été posée et les travaux suivent leur cours. En matière de défense et de sécurité, l’équipement et la formation des militaires ont été renforcés. Quant au projet de centrale solaire de Sanankoroba, le chef de l’État reconnaît un retard, mais promet une accélération « dans les mois à venir ».

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De nouveaux accords… en 2026

Selon le président Goïta, les perspectives de coopération avec Moscou sont bonnes, ce qu’attestent plusieurs accords signés. Dans le secteur minier, deux textes portent sur la cartographie géologique et le système d’information. Dans la santé, un accord concerne le bien-être sanitaire et la surveillance épidémiologique. Dans les finances, un autre texte porte sur la gestion des métaux précieux et la lutte contre le blanchiment de capitaux. Un accord a aussi été conclu avec l’organisation Eurasia, active dans la santé, la culture, les infrastructures et l’éducation.

À Bamako, un accord sur la normalisation, la qualité et la conformité des échanges commerciaux a également été signé, notamment pour contrôler ensemble la qualité des engrais livrés au Mali. Le contrat KAMAZ, signé lui aussi à Bamako, est en cours de mise en œuvre.

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Au-delà de ces textes, le chef de l’État annonce une nouvelle feuille de route validée avec le président Poutine. Elle couvre la défense, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et la santé, chaque département ayant des tâches précises. Il reconnaît que les sanctions visant la Russie ont perturbé certaines procédures, mais affirme que « des solutions » ont été trouvées, notamment sur les moyens de paiement.

Les 50 milliards de dollars annoncés pour l’Afrique

Interrogé sur l’annonce d’un investissement russe d’environ 50 milliards de dollars en Afrique, le président a assuré que les secteurs maliens étaient « déjà définis ». Il cite l’agence spatiale, avec la formation de dix étudiants par an pendant quatre ans, soit quarante au total. Il évoque aussi la centrale solaire de Sanankoroba et le nucléaire civil. L’intelligence artificielle, l’agriculture, les transports et les infrastructures pourraient s’y ajouter, selon les besoins que fixera la commission intergouvernementale.

Sur le plan militaire, le chef de l’État décrit un partenariat qui « se porte à merveille ». Les opérations sont planifiées et menées conjointement, et il cite le récent redéploiement des FAMa à Kidal. Plus de 300 militaires maliens sont en formation en Russie, dans l’artillerie, les transmissions, l’administration et les forces spéciales. Il affirme que le Mali accède, grâce à ce partenariat, à des équipements que « beaucoup de pays, même avec l’argent », ne pourraient obtenir.

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Il insiste sur l’autonomie visée : les pilotes maliens conduisent déjà les avions cargos et les drones, et les formations doivent aboutir à la maîtrise des équipements sans assistance extérieure. Pour l’Alliance des États du Sahel (AES), il indique que l’Africa Corps est déployé au Mali, au Burkina Faso et au Niger, sur le même schéma : formation, équipement et transfert de compétences.

En conclusion de l’interview, le chef de l’État a remercié les Maliens pour leur « résilience » et leur soutien aux autorités de la Transition. Il présente la Russie comme un partenaire « fiable » et « sincère », fondé sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence. Il évoque aussi le centre d’intelligence artificielle et de robotique, équipé avec l’aide de Moscou. Il dénonce enfin les pressions de certains pays qui chercheraient à dissuader les États de l’AES de travailler avec la Russie ou la Chine. « Nous allons chercher nos intérêts partout où on peut les trouver », a-t-il conclu.

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Mamadou TOGOLA/maliweb.net