Le président chinois Xi Jinping s’est dit jeudi à Pékin “heureux” de recevoir son homologue américain Donald Trump et a affirmé que leurs deux pays devaient être “des partenaires, pas des rivaux” malgré leurs multiples différends.
Le président chinois Xi Jinping a accueilli Donald Trump en grande pompe jeudi à Pékin dans le cadre d’une visite d’État. M. Xi a serré la main de son homologue états-unien au bas des marches du Palais du Peuple, haut lieu du pouvoir au cœur de la capitale jouxtant l’immense place Tiananmen, pavoisée aux couleurs chinoises et américaines. Les deux hommes ont ensuite écouté jouer les hymnes et passé en revue une garde militaire au son d’une salve de canons, puis ont foulé le tapis rouge devant une foule d’enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant “bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue!”
La Chine a voulu recevoir Donald Trump avec faste pour la première visite d’un président américain depuis celle que l’actuel locataire de la Maison Blanche avait lui-même effectuée en 2017. M. Xi donnera un banquet en son honneur jeudi soir. Vendredi, il partagera le thé puis le déjeuner avec lui.
Ces marques d’attention envers un invité connu pour son goût du faste et qui a reporté ce voyage initialement prévu fin mars à cause de la guerre en Iran, ne feront pas disparaître les multiples motifs de crispation qui attendent les deux présidents dans leurs discussions à huis clos programmées après la cérémonie d’accueil.
L’avenir des échanges entre les deux plus grandes économies mondiales s’annonce comme l’un des sujets du sommet. En haut de la liste de vœux de Washington figurent des accords dans le domaine de l’agriculture et peut-être la confirmation d’une commande massive d’appareils auprès de Boeing.
Les points de friction ne manquent pas, toutefois: obstacles à l’accès au marché chinois, approvisionnements en terres rares ou en semi-conducteurs, Taïwan, auxquels est venue s’ajouter fin février la guerre en Iran.
“Nous devons nous entraider”
“La coopération profite aux deux parties, tandis que la confrontation nuit aux deux. Nous devons être des partenaires, pas des rivaux. Nous devons nous entraider pour réussir et prospérer ensemble, traçant ainsi une nouvelle voie, celle de la bonne entente entre grandes puissances en cette nouvelle ère”, a indiqué M. Xi à M. Trump, ajoutant que le monde était “à la croisée des chemins”.
De son côté, le président américain a promis jeudi à son homologue un “avenir fabuleux” entre les États-Unis et la Chine. “C’est un honneur d’être à vos côtés. C’est un honneur d’être votre ami, et les relations entre la Chine et les États-Unis vont être meilleures que jamais”, a déclaré M. Trump. “Nous allons avoir ensemble un avenir fabuleux”, a-t-il renchéri.
Dossier iranien
Washington espère notamment pouvoir compter sur Pékin pour sortir de l’ornière iranienne, le stratégique détroit d’Ormuz étant toujours bloqué par Téhéran. “Nous espérons convaincre (la Chine) de jouer un rôle plus actif afin d’inciter l’Iran à renoncer à ce qu’il fait et tente de faire actuellement dans le golfe Persique”, avait déclaré un peu plus tôt, à bord de l’avion présidentiel Air Force One, le secrétaire d’État américain Marco Rubio en route vers l’Empire du Milieu.
Donald Trump a dit qu’il aurait “une longue conversation” avec Xi Jinping sur le dossier iranien.
La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran, puisqu’elle est le principal pays importateur de son pétrole. Selon des experts, elle est si dépendante des échanges internationaux, qu’elle a des raisons de s’inquiéter du contrecoup sur son économie d’un conflit qui se prolongerait.
L’avertissement de Xi prévient sur Taïwan
Le président Xi Jinping a prévenu jeudi son homologue américain Donald Trump que la Chine et les Etats-Unis pourraient entrer en “conflit” si Washington gérait mal la question de Taïwan, a rapporté la télévision d’Etat. La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à “unifier” avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une prise de contrôle pacifique mais n’exclut pas le recours à la force.
Les Etats-Unis entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin mais pas avec Taipei. Ils sont toutefois le principal pourvoyeur d’armes de l’île, ce qui indispose les autorités chinoises, qui y voient une atteinte à la souveraineté nationale. “La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit”, a déclaré M. Xi, selon la télévision CCTV.
Le président chinois a employé un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire, mais pouvant aussi faire référence à une vive opposition ou à une confrontation diplomatique et politique. “L’indépendantisme taïwanais est incompatible avec la paix dans le détroit de Taïwan”, qui sépare l’île de la Chine continentale, a souligné Xi Jinping devant Donald Trump.
La Chine demande régulièrement aux Etats-Unis de ne pas soutenir militairement et diplomatiquement les autorités taïwanaises actuelles, issues d’un parti au credo traditionnellement indépendantiste. Pékin a intensifié ses manoeuvres militaires autour de Taïwan depuis 2016 et l’arrivée à la présidence de l’île de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024, tous les deux catégoriquement opposés aux revendications chinoises.
Source: https://www.7sur7.be/

